Intervention d'une codeuse LPC en classe
Le rôle d’une codeuse LPC
En classe, pour l’enfant sourd appareillé, le principal défi est de bien percevoir le message de l’enseignant.
La parole de l’enseignant, les interventions de ses camarades, il les perçoit par le canal auditif avec plus ou moins de succès, selon le niveau de sa surdité et les performances de son appareillage.
Quand le canal auditif ne suffit pas à assurer la compréhension, l’enfant sourd utilise le canal visuel : il lit sur les lèvres du locuteur. Mais lire sur les lèvres c’est comme décrypter une phrase à trous : il y a des sons totalement différents qui apparaissent identiques sur les lèvres et d’autres qui ne donnent lieu à aucun mouvement !
Coder la Langue Français Parlée Complétée
La Langue Française Parlée Complétée (LPC) est le moyen de permettre à l’enfant sourd d’avoir une lecture labiale efficace à 100% : coder en LPC c’est s’adresser en français à la personne malentendante en complétant les mouvements labiaux naturels par des codes manuels qui précisent les sons émis (pour lever toutes les ambiguïtés ).
Témoignage d'une maman |
|
« Mon fils sourd n’a jamais beaucoup aimé l’école, mais grâce au code LPC à la maison et à l’école, il est rentré de plein pied dans le français oral et écrit, et il savait lire en CP comme les autres. La présence d’une codeuse pendant toute une partie de ses classes maternelles et primaires l’a beaucoup aidé, et elle a incité d’autres enfants de l’école à apprendre à coder, créant une complicité renforcée entre eux. »
|
Pour les enfants entraînés au code LPC, une codeuse peut venir en classe répéter silencieusement, en le codant, le message de l’enseignant (ou l’intervention d’un autre élève). La codeuse peut aussi dicter un texte ou des consignes : l’élève sourd les recevra ainsi dans les meilleures conditions.
L’intervention d’une codeuse en classe
La codeuse n’est jamais là à plein temps, mais sa présence donne un meilleur confort à l’élève sourd, soulage l’enseignant de la crainte de n’être pas compris, et surtout permet de garantir à l’élève sourd le meilleur accès à la langue française, et en particulier à la lecture dans les premières années de primaire.
En maternelle, la codeuse vient sur des plages de temps limitées, mais à des moments-clés pour l’acquisition du langage : par exemple quand la maîtresse raconte une histoire.
Elle intervient aussi pour aider à l’intégration sociale de l’enfant, en codant des consignes importantes pour la vie de classe.
La codeuse ou une maman volontaire qui code peuvent être là pour accompagner une sortie de classe et aider l’enfant, dans un milieu acoustique difficile (à l’extérieur, à une manifestation culturelle, dans un musée etc) à percevoir par les yeux tout ce qui lui échappe par les oreilles.
Quand l’élève sourd progresse, les moments de code sont ajustés par rapport à ses besoins et à son niveau linguistique et scolaire: codage de la dictée, codage d’un cours où le professeur parle beaucoup et écrit peu au tableau, ou bien quand le professeur a une grosse moustache qui empêche de bien lire sur ses lèvres !
Au lycée la codeuse aide l’élève sourd à la prise de notes : il répète le message du professeur en le résumant si nécessaire.
La codeuse peut donner à la demande des cours de code à des camarades entendants ou à des enseignants qui en expriment la demande.
Comment devient-on codeur LPC?
Etre codeuse ça ne s’improvise pas. Le métier de codeur requiert, outre une excellente maîtrise de la langue française et du code LPC, une bonne connaissance de la surdité, un grand intérêt pour l’enfance et l’adolescence, des qualités de communication et de pédagogie, sans oublier le sens du travail en équipe, pour se coordonner au mieux avec les enseignants et les autres professionnels de la surdité (orthophonistes, professeur spécialisé…).
Le diplôme de codeur est sanctionné par une formation universitaire de niveau bac + 3.
Le SSEFIS de l'ARPLIES emploie 2 codeuses qui accompagnent les enfants du SSEFIS dans les différents établissements de Loire Atlantique où ils sont inscrits : l'une est diplômée et exerce depuis plusieurs années, la seconde vient d'obtenir sa licence professionnelle à Paris.
|